Geneviève Dormann, journaliste, auteure de livres  « le roman de Sophie Trébuchet, amoureuse Claudine, je t’apporterai des orages, fleur de péché »….

Genevieve Dormann

Une femme libre, pudique, passionnée, anticonformiste, pleine d’humour surnommée la hussard en jupons.

Dans le livre fleur de péché, certains traits de caractère de Véréna  (personnage principal) et du narrateur peuvent être assimilés à Geneviève Dormann.

– pudeur dans le chagrin :  « La grand’mère était implacable à ce sujet : On ne pleure pas n’importe où. Si tu as envie de pleurer, va aux cabinets. Donc Vérena attendra  pour pleurer si elle pleure ».

– passionnée : « j’étais comme un océan transformé en lac et qui aurait la nostalgie de ses marées, de ses vagues et de ses tempêtes ».

-anticonformiste : « vous étiez cette France assurée sociale qui promène ses idées courtes en chaussons à carreaux, cette France qui confond humanité et démagogie, qui matraque l’homme avec ses droits….vous étiez Louis-Philippe, nous étions Attila ».

-humour : « Joseph de la Crabinière, jeune séminariste, cherchant la grotte chantante pour y faire ses dévotions. Fanfan le bihan (hôtesse de trottoir) avait vite fait de lui faire chanter d’autres cantiques.

Le style d’écriture de madame Geneviève Dormann est fluide, composé de légèreté, de précision et d’humour, très agréable à lire.

Fleur de Péché

 

Résumé du livre Fleur de Péché :

L’histoire d’une jeune femme, Vérena Weber, journaliste, interrogée  par un officier de police en raison du meurtre d’un haut fonctionnaire  Pierre Fauquemberg.

Bien que sans lien apparent avec la victime, si ce n’est son nom figurant dans le carnet d’adresse, le commissaire essaie de tirer les fils ténus entre ces deux personnes. Sous les questions incisives, Vérena remonte le temps, celui de sa naissance en 1946 d’une mère alsacienne et d’un père allemand, porté disparu pendant la guerre. Il en revient dépressif et se suicide au domicile familial.

Succède le temps de l’adolescence heureuse avec le frère, la grand-mère, celui de la vie étudiante insouciante à Paris, la rencontre du premier amoureux son futur mari, leur séparation.

Et en filigrane le temps non dévoilé celui de l’amour secret : « fleur de péché ».

Une référence à Stendhal est faite dans ce livre, et non des moindre :

La  journaliste Vérena est chargée par son journal d’écrire un article sur le réacteur nucléaire, Superphénix.  Elle prend rendez-vous avec le Ministre qui refuse de lui parler. Dans les couloirs un homme, Pierre Fauquemberg aperçoit sa silhouette.

« Fauquemberg, aussitôt, feignit de s’absorber dans la lecture d’un tableau d’affichage. Il ne s’en détourna qu’au moment où, arrivant à sa hauteur, elle le dépassa. La ressemblance qui l’avait arrêté  tout à l’heure se précisa : ce nez volontaire, cette bouche charnue et dédaigneuse à la fois, ces cheveux noués sur la nuque, l’implantation altière du cou dans le décolleté rond de la robe bleue, c’était là l’image vivante d’un buste qui  avait hanté son  adolescence, celui de la comtesse Clémentine Curial, que Stendhal avait aimée à la folie et qu’il appelait Menti.

Pierre Fauquemberg emboîta le pas à la silhouette ressuscitée d’une jeune femme du XIXème siècle et dont l’image, arrachée d’un livre, avait été l’unique ornement de sa chambre d’étudiant. De cette vilaine reproduction en noir et blanc, il connaissait à présent les couleurs : elle était blonde et bleue.

La jeune femme avait tourné à gauche et s’était arrêtée près d’une petite voiture en stationnement. Il ne put s’empêcher de sourire quand il la vit arracher de dessous l’essuie-glace, une contravention, la déchirer d’un geste rageur et en éparpiller les morceaux sur le trottoir. C’était bien là un geste de l’impatiente Menti ».

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Geneviève Dormann a joliment décrit, celle que Stendhal admirait pour sa beauté et pour la vivacité de son esprit.