Marilyn une âme de poète

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L’actrice, de son vrai nom Norma Jeane Baker, mondialement connue pour ses films, « Niagara,  Certains l’aiment chaud, Sept ans de réflexions  » avait une passion pour la littérature et la poésie.

En 1951 Norma préférait suivre  des cours de littérature à l’université de Los Angeles plutôt que d’assister à la première de ses films.

Elle était une lectrice assidue des plus grands poètes amèricains, anglais…:  Emily Dickinson, Edith Sitwell, John Milton, Walt Whitman…..

Dans sa bibiothèque, un éclectisme à la mesure d’un esprit curieux et ouvert :  Sherwood Anderson, Ralph Ellison, Beckett, Hemingway, Kerouac, Steinbeck…

et des français, Flaubert (Madame Bovary), Camus (the Fall), Stendhal (the Red and the Black).

Avec ce dernier, elle partageait le goût des aphorismes, ainsi celui sur les sentiments et  la peur  :

Norma Jeane :

« My feeling doesn’t  happen to swell into words » (Mes sentiments n’arrivent pas à s’exprimer dans les mots)

Henri Beyle (Stendhal) : « Comment peindre l’excessif bonheur ? c’est impossible pour moi »

Norma Jeane :

« There is nothing to fear, but fear itself » (Il ne faut avoir peur, que de la peur elle-Même)

Henri Beyle : « La peur n’est jamais dans le danger, elle est dans nous »

Norma Jeane :  « Ce dont j’ai le plus besoin au monde  est d’aimer et d’être aimée »

Henri Beyle : « L’amour a toujours été pour  moi la plus grande des affaires, ou plutôt la seule »

Norma Jeane lisant Ulisse de Joyce et la poésie de Heinrich Heine

Le livre intitulé Fragments, un  recueil de poésie et  de citations de  Norma Jeane :

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« Only parts of us will ever touch parts of others,

One’s own truth is just that really – one’s own truth.

We can only share the part that is within another’s knowing acceptable.

So one is for most part alone.

As it is meant to be in evidently in nature – at best perhaps it could make

our understanding seek another’s loneliness out ».

 

« Seuls quelques fragments de nous toucheront des fragments d’autrui.

La vérité de quelqu’un n’est en réalité que sa propre vérité.

On peut seulement partager le fragment acceptable pour le savoir de l’autre

ainsi on est presque toujours seuls.

Comme c’est aussi le cas de toute évidence dans la nature,

au mieux peut-être notre entendement pourrait-il découvrir la solitude d’un autre ».

En 1955, Norma souhaite sortir de ses rôles de blonde pulpeuse écervelée imposés par Hollywood et s’envole pour la côte est, New York, à destination de l’Actors Studio, sous la direction  théâtrale du légendaire : Lee Strasberg.

Eloge posthume de ce dernier : « D’autres avaient sa beauté plastique, mais il était clair qu’elle avait quelque chose en plus, une chose que les gens voyaient et repéraient dans son jeu, à laquelle ils s’identifiaient. Elle avait une qualité lumineuse, combinaison de mélancolie, d’éclat, de désir, qui la mettait dans une catégorie à part et pourtant donnait à tous l’envie d’en faire partie, de partager cette naïveté enfantine à la fois si timide et vibrante. Cette qualité était encore plus visible lorsqu’elle était sur une scène. Elle serait devenue l’une des plus grands actrices  de théâtre ». 

« Pour survivre écrivait Arthur Miller, son dernier mari, il aurait fallu qu’elle soit plus cynique ou du moins plus proche de la réalité. Au lieu de cela, elle était un poète au coin de la rue essayant de réciter ses vers à une foule qui lui arrache ses vêtements ».

Norma Jeane une personnalité singulière faite d’une énergie peu commune, de blessures d’âmes et de candeur : une destinée identique aux héros stendhaliens.

 

Olivier Hertoux 

31 octobre 2016