Johnny Hallyday, 1400 chansons, 3 ans de sa vie sur scène, 3 générations de fans, 600 000 personnes au concert de la tour Eiffel, des millions de personnes ont suivi son enterrement.

Les thèmes Hallydéens  : la solitude, l’enfermement, l’amour, l’envie de vivre, les excès, la féérie

Il partage avec Stendhal, les blessures de l’enfance, la peur de la solitude, les moqueries de classe. Précurseur de chansons autobiographiques « je suis né dans la rue », « fils de personne » de même que Stendhal avant gardiste de livres autobiographiques (Henry Brulard, Souvenirs d’égotisme)

Lors d’un entretien avec l’animateur Childéric sur TV6, Johnny parle de son film Terminus et cite Stendhal :

 

Après avoir lu un autre grand auteur, Shakespeare, Johnny est frappé de la complexité du personnage de Hamlet. Ce jeune prince, intelligent, doit-il ou non venger la mort de son père ? To be, or no to be, that is the question (être ou ne pas être, voilà la question), c’est le thème du doute (existentiel, social, amoureux qui interpelle le chanteur)

 Il  créé en 1976 un album opéra rock intitulé Hamlet, bien avant Starmania, l’un de ses meilleurs albums avec la sublime chanson :

« La mort d’ophélie »

Johnny a un amour immense du public, donner un concert comme si c’était l’ultime. Un artiste généreux, certains spectacles sont structurellement déficitaires, rien n’est assez beau , assez grand pour faire rêver le public. (la main géante  au dessus des spectateurs,  l’arrivée sur le toit du stade de France par hélicoptère…)

Johnny avait quelque chose de lumineux, mêlant une timidité de l’enfance avec une vitalité peu commune. Le public ressentait cet amour, touchant l’âme humaine,  la  force et la fragilité, l’ombre et la lumière.

Passionné de cinéma américain, il connaissait intimement les films de Elia Kazan : A l’Est d’Eden (acteur James Dean), un tramway nommé désir (Marlon Brando), une chatte sur un toit Brûlant (Paul Newman), scénario de Tennessee Williams pour les deux derniers titres.

 

Johnny aurait voulu suivre la voie de ces acteurs américains. Lors d’une séance de cinéma, un film changea le cours de sa vie, un cow-boy chantait  une chanson romantique, Loving You, Johnny aimait particulièrement cette chanson, ce cow-boy était Elvis Presley.

Mais sa sensibilité à l’égard de l’oeuvre de Tennessee Williams était toujours réel : l’abscence du père, la solitude, les fêlures, les rêves d’ailleurs, …

Michel Berger écrit la fameuse chanson « On a tous quelque chose en en nous de Tennessee », en s’inspirant des dernières phrases de la pièce de théâtre « La Chatte sur un toit brûlant », lue par la belle voix de Nathalie Baye. Cette chanson a été écrite sur mesure pour Johnny. Nous y retrouvons les thèmes de la nuit, de changer de vie, la force de vivre, l’amour, la peur de mourir sans ami :

A vous autres, hommes faibles et merveilleux
Qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu
Il faut qu’une main posée sur votre épaule
Vous pousse vers la vie
Cette main tendre et légère….

 

Au théâtre Edouard VII, il interpréta une pièce de Tennessee : « Le paradis sur terre » avec Audrey Dana et Julien Coteau.

« il n’y a rien sur la terre, pas une joie de ce monde qui vaille une chose, une seule, et cette chose-là, c’est ce qui peut se passer entre un homme et une femme. Il n’ y a que ça, et rien d’autre, qui est parfait. Le reste, c’est des conneries, presque tout le reste. C’est ça le paradis sur terre, et si tu n’as jamais rien eu d’autre que ça, dans      la vie, ni argent, ni succès, ni rien, mais si tu as tout de même connu ça, eh bien tu peux dire que tu n’as pas entièrement perdu ta vie. » (Tennessee Willimans)

Johnny appréciait toutes les formes d’expressions écrites, des bandes dessinées aux auteurs contemporains ou classiques, en particulier Stendhal et Tennessee Williams. 

 

« Lorsque le jour s’est endormi,
une étoile s’est allumée dans la nuit,
avec tant d’amour et par tant d’amis,
c’était l’heure de lui dire merci,
ainsi disparut Johnny ».  (Olivier Hertoux)