La notion de la vérité, dans l’écriture Stendhalienne, est complexe. Elle comporte plusieurs aspects, avec un point commun :

une volonté de développer chez le lecteur un sens critique, à juger par lui-même.

1) Une vérité qui ne serait qu’apparente :

Ainsi les épigrammes dans le Rouge et le Noir de Danton, de San Real, de Musset ne sont pas de ces auteurs.

2) Une vérité cachée :

Stendhal a défini ce concept dans la Filosofia nova  : « les discours des hommes ne sont que des masques qu’ils appliquent  sur leurs actions ».

Stendhal utilise des masques de mots,  voir le nom Brulard, nom d’un de ses oncles, traduisant des notions stendhaliennes ; le désir ardent, la beauté d’un incendie, la destruction. L’auteur  joue aussi avec l’adjectif belle ( pour se désigner par Beyle). voir article pseudonyme

3) une vérité basée sur des faits ou inspirée de personnages réels :

Le Rouge et le Noir repose sur l’affaire Berthet, la Chartreuse de Parme sur l’histoire d’ Alexandre Farnèse.

 Dans une lettre à Balzac en septembre 1840 sur La Chartreuse de Parme :

« Je prends un personnage de moi bien connu, je lui laisse les habitudes qu’ il a contractées dans l’art d’aller tous les matins à la chasse du bonheur, ensuite je lui donne plus d’esprit. »

Ses  héros littéraires masculins (Julien, Fabrice) et  féminins (Mathilde, Lamiel) recèlent des traits de sa personnalité.

4) La vérité est dans les détails  :

Dans le livre Lucien Leuwen, au chap LVI, monsieur Leuwen commence à poser des questions à Lucien sur ses aventures de Caen :

« Plus de détails, plus de détails, disait-il à son fils, il n’ y a d’originalité et de vérité, que dans les détails ».

Tout l’art de l’écriture Stendhalienne est faite de nuance, Stendhal peignant en fine touche laissant au lecteur le soin de trouver sa vérité.